La relecture des entretiens politiques est une habitude tolérée dans le monde de la presse à condition que les corrections demandées ne transforment pas le fond des propos. Le journal Les Échos a connu cette mésaventure le 13 mars dernier après avoir interviewé Élisabeth Borne. Dans le contexte de la réforme sous tension de la SNCF, marquée par les grèves, la ministre des Transports se retrouve en première ligne... Et se voit projetée sous les radars de Matignon. Avant la publication de l'interview dans le quotidien économique, les services du premier ministre ont retouché les propos d'Élisabeth Borne, à tel point que le journal refuse de la publier.


Une décision justifiée dans un article publié lundi par le quotidien. «À Matignon, la volonté de contrôle sur cette ministre technique peut être vexatoire. Une interview, pourtant prudente, de cette dernière a été tellement réécrite par les services du premier ministre que Les Échos refusent de la publier le 13 mars», peut-on lire.

Mardi, l'opposition est montée au créneau. «J'ai été ministre pendant cinq ans, jamais je ne me suis fait corriger une interview», a indiqué sur LCP le président du groupe LR à l'Assemblée Christian Jacob.


Cette volonté du pouvoir de contrôler au maximum sa communication agace de nombreuses rédactions. Dénonçant des abus, le quotidien régional La Voix du Nord avait annoncé en janvier dernier qu'il mettait fin à ses méthodes de relecture.



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